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Ce petit déjeuner avait été conçu
avec les axes suivants :
- être davantage une session d'échanges de témoignages qu'une
suite de deux ou trois exposés approfondis ; les interventions étaient
calibrées pour durer 5 à 10 minutes
-
réussir à transmettre quelques idées, soit aux nouveaux
camarades, soit aux anciens.
La recherche des prospects
L'identification de besoins a été
présenté comme une étape de la démarche commerciale, c'est à dire l'obtention
d'affaires. Il est vite apparu que l'on pouvait voir des phénomènes
d'oppositions de pôles, ce qui ne signifie pas qu'un pôle soit meilleur que
l'autre. Simplement, il y a une diversité d'approches possibles.
La première polarité, quasi
évidente, est que ce n'est pas la même chose si l'interlocuteur est un client
ou un prospect.
La seconde polarité est plus
intéressante. Elle peut s'exprimer ainsi :
-
ou bien on s'adresse à un réseau avec lequel on prend des
rendez-vous intuitu personnae ; au
cours du rendez-vous, on essaye de faire parler l'interlocuteur pour percevoir
un souci sur lequel on peut répondre
-
ou bien on crée une offre a
priori, puis on commercialise cette offre ; ici, les canaux de
commercialisation peuvent être plus larges : réseau, bien sûr, mais aussi
mailing, e-mailing, voire phoning.
Dans le cas des consultants
indépendants, la première approche est plus répandue que la seconde.
Dans les deux cas, il y a d'abord
une phase de détection du prospect : soit un nom dans un carnet d'adresses
(démarche réseau), soit une ligne dans un listing (démarche en dur), soit une
situation intermédiaire où l'offre a été bâtie pour des situations précises que
la lecture de la presse économique ou les remontées du réseau permettent de diagnostiquer.
Mais, dans un cas comme dans
l'autre, le consultant ne sait pas précisément où est le besoin de
l'interlocuteur tant qu'il ne l'a pas rencontré.
L'entretien
C'est au cours de la rencontre
qu'interviennent les techniques d'entretien. Il n'y a pas de recette miracle.
Ce sont des conseils basiques, mais qu'il faut toujours avoir en tête, parce
que, que l'on soit débutant ou expérimenté dans la démarche, on peut toujours
s'améliorer.
Le premier conseil est de
préparer l'entretien, en amassant un peu d'information sur l'interlocuteur.
Le second, plus important, est
d'adopter une démarche d'"écoute active". Idéalement, il faut savoir
se présenter et présenter ce que l'on fait, en quelques minutes, mettons trois
minutes pour fixer les idées.
Ceci paraît évident, et pourtant
ce n'est pas toujours réalisé. Un des orateurs a indiqué avoir fait de
nombreuses visites de premier contact avec des confrères. Il arrivait que
ceux-ci, malgré la carrière prestigieuse de dirigeant qu'ils avaient pu faire,
ne savaient pas se présenter. L'exercice n'est donc pas aussi trivial qu'il y
paraît. De plus, présenter une offre rapidement est souvent difficile, surtout
lorsque l'on ne sait pas exactement où se situe le fameux besoin de
l'interlocuteur.
Et pourquoi trois minutes ?
D'abord, toujours se rappeler
qu'un discours paraît toujours plus long à l'auditeur qu'à l'orateur. Évitez
d'ennuyer votre interlocuteur ! Il vous accorde de son temps, vous lui devez
bien cela.
Ensuite, il est essentiel de le
laisser parler, voire de le laisser conduire l'entretien. Il faut simplement
veiller à recentrer la discussion lorsqu'elle s'écarte trop de l'objectif qui
consiste à essayer de savoir où l'interlocuteur a mal. Parce que c'est là qu'il
sera sensible à une proposition de soins.
Voici quelques points évoqués
dans la réunion. Ils sont simples, mais méritent d'être signalés :
-
arriver à l'heure ; si je ne suis pas à l'heure au
rendez-vous, comment le serai-je pour ma mission ?
-
s'intéresser à l'interlocuteur en tant que personne
-
laisser parler l'interlocuteur : il est souvent plus intéressé
par son discours que par le mien
-
l'interlocuteur a-t-il récemment parlé, ou publié, sur le
sujet ? on le trouve facilement sur le Net ; on montre ainsi qu'on s'intéresse
à lui
-
utiliser les références à bon escient ; elles valorisent
autant l'interlocuteur que le consultant
-
être enthousiaste
-
demander à visiter les locaux, surtout dans une usine, un
entrepôt, etc.
-
savoir se taire
-
savoir répondre "je ne sais pas"
-
transmettre le message "votre problématique, telle que je
la vois, m'intéresse".
En résumé, l'écoute active, dans
laquelle on réussit à piloter la réunion sans trop parler, mais en faisant
passer un message, même subliminal, d'intérêt, d'enthousiasme, voir d'empathie,
a toutes les chances d'aboutir à ce que l'interlocuteur dise où il a mal.
L'après visite
On s'apercevra souvent que l'on
ressort avec un sujet bien différent de celui que l'on avait anticipé.
Cette expression de
l'interlocuteur, idéalement, est consignée dans un compte rendu. Certains
pensent que le compte-rendu doit préparer ce que l'on va dire la seconde fois à
l'interlocuteur.
D'une façon générale, toujours
terminer un entretien en ayant défini la prochaine étape.
Typologie d'offres
Une autre polarité apparaît dans
une typologie de prestations qui a été proposée dans la discussion. Selon cette
typologie, les prestations peuvent se classer en trois types :
-
conseil
-
coaching
-
actions.
Cette typologie elle peut être un
référentiel utile pour préparer son offre, son écoute, sa présentation, sa
proposition.
Taille du client
Une autre polarité existe suivant
la taille du client. On opposera le grand groupe et la PME.
Dans le grand groupe, la décision
dépend rarement d'un seul interlocuteur. L'interlocuteur privilégié du consultant
doit convaincre en interne. Le petit déjeuner de février 2007 présente sur ce
sujet un témoignage très intéressant, montrant le travail que l'interlocuteur
du consultant a dû faire en interne pour convaincre de ne pas confier la
mission à une grosse structure, mais à un membre de l'association. Il est
intéressant de noter que ce travail a été fait quasiment à l'insu du
consultant, pourtant chevronné.
Ainsi, dans les grands groupes,
la démarche est assez longue et il faut toujours avoir en tête la question
"ai-je donné à mon interlocuteur tous les arguments pour qu'il puisse
défendre en interne ma proposition ?"
A l'inverse, dans une PME, la
décision peut être rapide. Les motivations du choix d'un intervenant extérieur
sont souvent différentes. Dans un témoignage cité au cours du petit déjeuner,
il a été évoqué le cas où le patron de la PME a fait venir le consultant pour
obliger ses collaborateurs à travailler ensemble.
Mais pour que la PME puisse être
un marché solvable, il faut faire attention à ne pas passer trop de temps en
démarche commerciale. Certains d'entre nous annoncent la couleur : "A
partir du 2 ème rendez-vous, c'est facturé". Le système de facturation à
la demi-journée semble être une bonne méthode. La règle d'or ici reste tout de
même : "Pas de facturations surprise !". Lorsque l'on va facturer, on
l'annonce d'abord.
Suites...
Ce compte rendu est loin d'avoir
épuisé tous les thèmes débattus, mais a voulu présenter la largeur des palettes
à notre disposition. Le dernier thème évoqué ci-dessus, la facturation, permet
de poser le problème de la rentabilité des contrats. Ce n'est pas tout de
générer du chiffre d'affaires, il faut aussi que ce chiffre d'affaires produise
de la marge pour que le consultant puisse vivre. Ce dernier thème sera celui
d'un prochain petit déjeuner.
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