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Tout dirigeant est responsable de ce qu'il choisit d'ignorer
par Jean François PEPIN délégué général du CIGREF
Daniel LECHANTEUX, organisateur de cette manifestation,
présente Jean-François PEPIN et formule le souhait que son intervention ouvre
le débat sur la place des consultants indépendants et des petites structures de
conseil dans les démarches de développement et de préservation du capital
immatériel des entreprises.
Jean François
PEPIN - Délégué général du CIGREF
Il rappelle ce qu'est le CIGREF : une association regroupant
les Directions des Systèmes d'Information des entreprises du CAC40, des 60
entreprises suivantes, et de 20 grandes organisations.
L'objectif du CIGREF est de promouvoir l'usage des systèmes d'information comme
facteur de création de valeur et source d'innovation pour l'entreprise.
Le CIGREF fonde son
action à partir du constat suivant :
v La
prise de conscience par le monde économique et politique du passage d'une
"énergie matière" à une "énergie de l'information"
v L'importance
de plus en plus grande du capital immatériel
et donc de la nécessité pour
chaque entreprise et plus largement pour chaque état de protéger son capital
immatériel et en particulier tout ce qui touche au savoir et au traitement des
informations.
Sur le plan politique ces
préoccupations ont été soulignées dans le rapport du député Bernard CARAYON
publié en 2003 et entrent dans le champ d'action d'Alain JUILLET, Haut
Responsable à l'Intelligence Economique. Les actions peuvent être prises non
seulement au niveau de l'entreprise ou au niveau national, mais aussi au niveau
local.
Dans ce contexte , les firmes
sont conduites à mettre l'accent
sur : les nouvelles compétences de firmes sont :
1.
Leur capacité à protéger leur capital immatériel
2.
Leur capacité à influencer avec intégrité leur environnement
3.
Leur capacité à gérer et à exploiter les SI
Quelles informations protéger ? Quelle
attitude adopter ?
Il convient
notamment de s'intéresser à l'entreprise étendue avec ses clients, ses
fournisseurs, certains prestataires (banques, experts comptables), ses
concurrents. Il faut par exemple savoir comment définir ou protéger le capital
de l'entreprise quand plusieurs sociétés concurrentes participent à un même
projet. Ce défi a été surmonté par Dassault lors de la conception du Falcon 7X
grâce à l'outil CATIA qui a permis de faire travailler des entreprises
concurrentes sans même passer par la réalisation d'un prototype.
Dans un
premier temps, les informations à protéger sont des données structurées par les
logiciels traditionnels (ERP, logiciels RH, finances, comptabilité,...) mais il
est apparu aussi que l'information non structurée est source de richesse.
Dès lors, le
dirigeant doit à la fois :
v
Manager
l'information stratégique
v
Favoriser
les coopérations
v
Optimiser
la décision
JF PEPIN met
en évidence une certaine fracture numérique entre les outils informatiques dont
dispose un salarié à son domicile et ceux que l'entreprise lui fournit, les premiers
étant sensiblement plus riches avec l'arrivée des blogs et des wikis qui
permettent d'accéder à une information bien plus diffuse. Il fait la différence
entre travail collaboratif et travail coopératif : dans un travail collaboratif
chacun retrouve l'information qu'il a apportée; dans un travail coopératif,
plus personne ne reconnaît son texte et pourtant sa contribution est
indispensable au résultat final.
L'intelligence Economique
C'est
"savoir discerner l'essentiel au cœur de l'important".
JF PEPIN
développe le thème de l'Intelligence Economique sous 2 angles :
1.
L'Intelligence
Economique en matière de politique
publique qui se traduit dans 3 domaines
v
Compétitivité
v
Sécurité
informatique
v
Influence
- Sur ce dernier sujet, il note l'importance des normes et standards et
constate la quasi-absence de la France
2.
L'Intelligence
Economique en matière d'entreprise
Il n'y a pas unanimité sur l'attitude à avoir, et on
oscille entre deux situations :
v
La
naïveté qui se traduit par un excès de confiance
v
La paranoïa
qui surestime de façon démesurée les risques
Chaque
entreprise a une réponse différente pour affronter les risques encourus.
Cependant il se dégage quelques positions communes au sein des entreprises
représentées au CIGREF :
v
Il est
recommandé de définir une déontologie applicable à l'usage des SI
v
La
valeur du SI fait partie intégrante du patrimoine
v
Le SI
peut s'avérer un redoutable vecteur de menaces et de dépendance
v
Il
convient de compléter l'acronyme TIC par 2C supplémentaires à savoir
Connaissance et Coopération. L'acronyme TICCC représente mieux l'ensemble des
facettes à aborder
QUESTIONS - REPONSES
Q1 : Quelle est l'attitude du
dirigeant vis à vis de son DSI et notamment des différences qu'on rencontre
entre l'Europe et les Etats-Unis sur ce sujet, quelles opportunités en déduire
pour les consultants
Le SI n'a
pas de valeur pour soi-même mais uniquement pour les autres. Le CIGREF promeut
l'idée du nécessaire Dialogue Stratégique avec les DG. Le CIGREF préfère parler
de fonction Système d'information plutôt que de DSI, avec deux personnages
clefs : le CIO (Chief Information Officer) et le CTO (Chief Technical Officer).
Les différences entre les Etats-Unis se sont bien estompées, le DG comprenant
bien maintenant les enjeux de l'informatique, outil stratégique du
développement de l'entreprise, et non plus perçue de manière réductrice comme
un centre de coût. Les CIO et CTO font maintenant de plus en plus partie du
Comex, certains avançant lorsqu'ils n'y sont pas partie prenante, que ne pas en
être membre peut parfois représenter un avantage. Aussi les opportunités de
valorisation par des consultants de la fonction informatique et télécoms auprès
des présidents d'entreprises françaises sont-elles moins fréquentes.
Q2 : Quand une entreprise a une position
stratégique dans plusieurs pays et qu'elle est mise sous contrôle dans ces
pays, comment doit-elle procéder ?
L'exemple le
plus connu est celui de Dassault avec la construction du Falcon 7X.
Effectivement Dassault a su mettre en place une organisation qui protège ses
intérêts, tout en permettant certaines coopérations. Cela représente un travail
très important.
Q3 : Peut-il y avoir perte de
d'information par les consultants ?
Oui c'est
bien connu et même par les stagiaires.
Q4 : Henri Cesbron Lavau a une longue
expérience de travail coopératif dans les associations où il n'y a pas cet
aspect hiérarchique qui est bousculé par les technologies TICCC. Il se demande
s'il ne serait pas utile aux entreprises de s'inspirer des méthodes de travail
utilisées dans ces associations
Oui Bien
sur.
CONCLUSION
Avant de
terminer la réunion JF PEPIN passe la parole à JM RIETSCH qui présente une
brochure éditée par la FEDISA et le CIGREF sur le sujet de l'Intelligence
Economique avec comme titre "Protection du patrimoine informationnel"
Cette
brochure distribuée aux participants, a été rédigée par :
v
Jean-Marc
RIETSCH, expert des métiers de la confiance et membre de XMC
v
Eric
CAPRIOLI, avocat à la Cour de Paris, spécialiste en droit de la propriété
industrielle et en NTIC
v
Paul de
KERVASDOUE, expert en sécurité, ancien DSI et dirigeant de AQUIS
v
Jean-François
PEPIN, délégué général du CIGREF
Le parcours de Jean-François PEPIN
CPA.
Ancien auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure IHESI et
du Centre d'Etudes Diplomatique et Stratégique CEDS. IHEST.
Membre
permanent de l'Académie d'Intelligence Economique.
Président
du Cercle HEC "Intelligence Economique d'Entreprise".
Chargé
d'enseignement IAE de Paris et Université Paris V.
Délégué
Général du CIGREF.
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