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A partir d'une présentation de Daniel
LECHANTEUX, la réunion vise à expliciter les éléments à faire figurer dans un
contrat pour anticiper sur les événements qui affectent très souvent le
déroulement de la mission.
Les participants ont sur plusieurs points des avis
différents, ce qui laisse à chacun le soin d'adapter ses contrats selon ses
exigences personnelles, la nature des prestations fournies et les
caractéristiques des clients.
Les recommandations formulées ici résultent d'expériences
personnelles, ne prétendent pas à l'exhaustivité et ne sauraient en aucune
manière remplacer la consultation d'un juriste spécialisé dans la rédaction de
contrats commerciaux et de conseil.
Mais un point de vue est très largement partagé : un contrat
bien rédigé, ce sont des atouts supplémentaires !
1. Respecter
un plan type personnel et soigner la rédaction de tous les chapitres
Un exemple parmi d'autres (voir le compte rendu
« Formuler une proposition gagnante »)
- Contexte
(personne rencontrée, problème à traiter...)
- Compréhension
du problème
- Références,
différentiateurs
- Nature
de la prestation
- Contenu
- Livrables
- Calendrier
(sans oublier la période de validité de l'offre)
- Montant,
conditions de paiement
- Autres
points à caractère juridique, ....
2. Les
points sensibles dans un contrat de conseil
L'objectif
de la mission doit être clair et explicite et les livrables bien définis.
La
propriété des livrables est généralement acquise au client, mais le prestataire
peut formuler des conditions relatives à ses méthodologies propres et à la
diffusion des résultats hors du périmètre du client.
Le client formulera aussi des conditions de confidentialité relatives aux
informations qu'il fournit au prestataire ou que celui-ci peut obtenir du fait
de sa présence chez le client.
Les
engagements pris portent sur des moyens et non sur des résultats :
l'expérience montre que même de grands cabinets réputés peuvent être victimes
d'une expression imprécise (cas de la mise en œuvre d'un logiciel acquis auprès
d'un fournisseur tiers qui fait faillite).
Les
acteurs du projet, tant du côté du client que du consultant, doivent être
précisément identifiés : leurs responsabilités (celle du chef de projet en
particulier), leurs compétences et leur disponibilité.
On
veillera à prévoir l'éventualité d'un changement du responsable du projet chez
le client, voire d'un changement de politique en matière de recours aux
consultants.
La construction du prix et ses modalités de paiement
méritent une attention particulière lorsqu'ils sont établis sur la base d'un forfait :
- Prévoir un acompte à la commande
- Lier le calendrier des paiements à celui de la remise des
livrables
- Définir le solde dû à la remise du document final
Si le prix
est fixé sur la base d'un coût à la journée, il faut intégrer un tableau
détaillé faisant apparaître :
- pour
chaque consultant, sa qualification, son coût à la journée, le calendrier
de ses prestations et son coût total,
- pour
l'équipe, le total du coût des prestations fournies.
Dans le cas d'un prix forfaitaire, le client ou son service
achats peuvent exiger que ces données soient fournies pour justifier le prix
global.
Dans la mesure du possible, il faut préciser que ces données ont un caractère
indicatif, pour ne pas se trouver lié en cas d'indisponibilité d'un consultant
ou d'évolution de la charge de travail par rapport aux prévisions.
Dans tous les cas, prévoir les modalités de modification du
prix en fonction des demandes du client et en fonction d'événements
indépendants de la volonté du prestataire.
Un suivi, par le prestataire, du temps passé par chaque
consultant, est indispensable en cas de contestation, au même titre que le
suivi des échanges d'informations, requêtes diverses, recours à des tiers,...
Le client peut demander un relevé périodique justifiant les
facturations.
Dans certains cas (exemple de missions de conseil en
stratégie), le consultant est rémunéré pour sa disponibilité sur une période
donnée plus qu'en fonction du temps qu'il consacre à la mission.
La rémunération convenue peut comporter une part fixe et un
bonus à l'appréciation du client ou selon des résultats obtenus.
Les
frais peuvent être intégrés ou non dans le prix de la prestation, selon
l'accord conclu avec le client avant de fixer le prix, avec éventuellement un
traitement différent selon qu'il s'agit des frais de déplacement de proximité ou de
longue distance, des repas et de l'hébergement, des fournitures (bureau,
téléphone...), etc...
L'engagement
de dépenses peut être subordonné à un accord préalable du client, les
montants unitaires (hôtels, classe en avion,..) peuvent être fixés ou non par
référence aux pratiques du client, une limite peut être fixée en % du contrat
HT (10 à 15% généralement).
3. Les
points sensibles dans un contrat de sous-traitance, que l'on sous-traite
ou qu'on soit sous-traitant
Le contrat diffère évidemment selon que :
- la relation concerne deux indépendants de caractéristiques
similaires ou un indépendant et un grand cabinet,
- la relation est récente ou ancienne, voire régie par un
contrat-cadre ou une pratique bien établie,
mais dans tous les cas il importe que les règles soient
explicites avant d'engager la mission et applicables en cas d'événements
imprévus.
On veillera aussi à expliciter l'objet de la mission afin d'éviter le risque de
requalification du contrat en contrat d'embauche.
Les responsabilités de chacun, les limites à ces
responsabilités, les recours en cas de désaccord doivent être explicites.
La base de
calcul du prix dû au sous-traitant, ou la manière de répartir le chiffre
d'affaires, doivent être précisées, ainsi que le type de facture
(entreprise du sous-traitant ou société de portage), les modalités de règlement
et le fait déclencheur
(paiement de la facture par le client final par exemple).
Il faut
convenir aussi de la durée de l'accord, de l'évolution éventuelle des modalités
de sous-traitance au-delà de délais convenus, des engagements réciproques au
cas où la mission auprès du client est suivie par d'autres, auprès du même
client ou même auprès d'autres clients intéressés par des prestations
comparables.
4. Les
points sensibles dans un contrat de support à la vente
Les responsabilités de chacun, leurs limites méritent la
même attention que précédemment, mais il importe en outre de :
-
Déterminer la liste d'entreprises à prospecter
- Préciser le fait déclencheur de la rémunération, tel que l'organisation d'une première visite ou
la signature du premier contrat
- Définir les bases de calcul des « fees », en % du chiffre d'affaires, en fonction
de son volume, en cas de développements ultérieurs, en fonction de la durée
totale (à partir de la signature du premier contrat)
- Spécifier les modalités de règlement
- Anticiper les développements ultérieurs si la première
mission est réussie
5. Les
points sensibles dans un contrat de management de transition
La plus haute importance doit être accordée à la définition
de la position du manager de transition, à son titre et sa place dans l'organigramme, aux personnes
lui rapportant et aux délégations dont il dispose, à la description de son
poste et à la fixation de ses objectifs, de son plan de route et des résultats
chiffrés attendus.
La rémunération doit être déterminée par son montant total et le coût à la
journée, la périodicité des règlements (généralement mensuelle), le bonus
éventuel pour résultat atteint...voire l'attribution de stock options.
Quand c'est
le dirigeant de l'entreprise qui signe le contrat de mission, il faut bien
préciser les limites de la mission par rapport au Conseil d'Administration et
aux mandataires sociaux.
En tous cas, il convient de se préparer au fait que la mission peut
être interrompue à tout moment du fait du client.
6. Les
points sensibles dans un contrat portant sur
l'achat ou la vente d'une entreprise
Le
prestataire doit être clairement du côté de l'acheteur, du vendeur ou encore du
cabinet spécialisé ayant reçu le mandat
Il faut
surtout éviter de se substituer au cabinet qui a reçu le mandat, qui prend
le risque du choix de l'acheteur ou du vendeur, a la mission d'optimiser
financièrement l'opération vis-à-vis de son client, apporte les compétences
financières et juridiques nécessaires, prend les risques correspondants.
Les honoraires seront convenus de manière claire selon
qu'ils rémunèrent le coût
d'une étude de marchés, incluent une rétro-commission en cas de signature ou un
%
des fees reçus par le cabinet qui a le mandat, et sont éventuellement modulés
en fonction de la contribution (identification, qualification de la réponse
recherchée, introduction auprès des décideurs, ...)
7. La
question des clauses juridiques
Si le prestataire utilise des contrats-types, il a tout
intérêt à les faire valider par un juriste qualifié.
S'il se trouve dans un cas particulier à la marge de son domaine usuel
d'intervention, il est vivement recommandé de solliciter un juriste compétent
en la matière.
Ces juristes peuvent se trouver en interrogeant les chambres de commerce, les
experts-comptables, les organismes patronaux... et les collègues de confiance.
Selon les
contrats, les clauses suivantes peuvent être nécessaires :
-
accès
à l'information
- confidentialité
- non-concurrence
- responsabilité
et indemnisation
- juridiction
compétente
- clause
de résolution des conflits et éventuel recours à arbitrage
Il n'y a
pas de clause standard, chaque cas est à étudier dans son contexte.
Quelques conclusions générales
- Travailler en confiance en s'en tenant à l'essentiel car le
mieux peut être l'ennemi du bien !
- Trouver le bon compromis, sans concession aucune sur les
conditions de réalisation d'un contrat
- Formuler un
contrat ni trop court, ni trop long, pour ne pas inquiéter voire décourager le
client
- Veiller à une rédaction claire et concise, sans ambiguïté
pour les deux parties
- Préparer le client pour éviter toute surprise de sa part
lors de la lecture du projet de contrat
- Développer une confiance mutuelle et l'entretenir,
réalisations à la clé
La qualité de la rédaction d'un contrat participe
puissamment à sa vente, à son bon déroulement et à la satisfaction client, gage de nouvelles affaires.
Les participants
N.Beaude, X . de Boucaud, P.Câtel, H.Cesbron Lavau, F.Collet, M.Daclin, D.C.Dang, A.Dubedout, D.Lechanteux, J.Martinon, E.Parize, P.Postal, J.-P.Schaer, P.Tachoires, G.Talon, D.Tessier, M.Tisserand
Pas de participants à distance, s'agissant de la première fois qu'est organisée une réunion avec conférence téléphonique
Leurs appréciations
Bien pour l'intérêt du sujet, la qualité de l'animation et des réponses aux questions
Améliorer l'annonce, pour sensibiliser davantage de membres à la valeur des réunions et les inviter assez tôt
Temps imparti trop court pour traiter le sujet à fond et répondre à toutes les questions (surtout sur les missions autres que de conseil), poursuivre les échanges lors d'une réunion suivante
Deux observations (im)pertinentes :
- manifestement les participants préfèrent décrire ce qu'ils font que poser des questions...
- juger de la qualité des réponses aux questions est sans objet, il n'y a pas eu de questions !
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