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Pourquoi un tel sujet ?
Si le consultant a réuni les bonnes informations, qu'il a
mené sa prospection comme il convient, bien identifié le besoin du client,
remis une proposition acceptée et signée, si en outre il a bien anticipé sur la
vie du contrat, ne reste-t-il plus qu'à réaliser la mission correctement ?
Il sera toujours temps d'en exploiter les résultats le
moment venu, non ?
La réponse à ces questions est assurément non et les raisons
en sont multiples :
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Une mission est un véritable investissement
-
pour le client d'abord, car la rentabilité du recours à un
consultant n'est pas acquise a priori, loin s'en faut,
-
pour le consultant lui-même, car en général il est rémunéré
après l'exécution de chaque étape, et par les suites potentielles du contrat,
-
pour les partenaires du consultant enfin, car la relation
avec ceux-ci est longue à construire, très facile à détruire.
-
Les risques et les effets d'un échec sont majeurs, qu'il
s'agisse d'un contrat en régie, d'une mission avec obligation de moyens ou de
résultats
Il faut évaluer les risques, les responsabilités et les
conséquences d'un échec
Les risques sont plus ou moins matérialisés :
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de l'échec évident car le produit promis ne fonctionne pas
(système d'information), car le personnel rejette l'intervention extérieure,...
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à l'échec latent, lorsque le projet de changement reste à
l'état de projet, que les objectifs de performances ne sont manifestement impossible
à atteindre,...
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voire à l'échec constaté seulement à long terme, si
l'entreprise est engagée dans une impasse stratégique (fusions, acquisitions,
mutations,...),
les possibilités sont multiples.
Les responsables d'un échec sont toujours, à des degrés divers,
le client et son conseil, ceux qui ont signé le contrat : inutile
d'invoquer la conjoncture, la concurrence, les pouvoirs publics,... :
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les objectifs ou les méthodes peuvent avoir été mal définis,
par excès ou par insuffisance,
-
les objectifs réels peuvent être inavoués, ceux du
consultant en sous-charge, ceux du
dirigeant animé par des motifs personnels dont la mission n'est qu'un prétexte,
-
la mission peut souffrir d'un défaut de préparation ou de
diagnostic préalable, ce qui n'est pas toujours facile à faire accepter par le
client lorsque le consultant est fraîchement introduit dans l'entreprise.
Les conséquences sont souvent graves pour le client comme
pour le consultant :
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litige lors du règlement,
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conflits internes chez le client ou son conseil,
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sanction du dirigeant ou du consultant signataires du
contrat,
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dont la réputation
peut être entachée.
La réussite d'une mission n'est donc pas réduite à la
livraison conforme aux attentes
Les cimetières des organisations sont pleins de clients
satisfaits mais morts
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Sociétés en faillite ou rachetées
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Activités supprimées ou cédées
La réussite doit s'examiner sur le périmètre des besoins du
client, même s'il ne les exprime pas dans ses attentes :
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le consultant doit différencier attentes et besoins, sans pour
autant prétendre détenir la vérité,
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le seul critère qui compte est de savoir si le client
va prospérer grâce au travail réalisé, que ce travail porte sur des choix
stratégiques, un changement d'organisation et de fonctionnement ou la mise en
place d'un système d'information.
Le pilotage de la
mission est un facteur-clé de succès
Si une mission est bien un investissement, elle doit être
pilotée comme un investissement physique.
Il arrive que des missions s'intègrent dans de grands projets impliquant une
multitude d'acteurs, comme dans le cas de réalisation de grosses usines,
d'ouvrages ou d'aménagements urbains lourds, mais même dans le cas simple où
seuls sont en présence le client et le consultant, il faut distinguer les rôles
de chacun dans le pilotage de la mission :
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Le maître d'ouvrage assume les choix, les modifications du
cahier des charges, la réception des travaux
-
Le maître d'œuvre assume la réalisation des performances, le
respect des délais et les écarts de coûts.
A ce titre, le prestataire a un devoir de conseil, de
proposition, et ne doit pas seulement réagir aux impulsions données par le
client.
Il doit être animé à tout moment par le souci
d'exécution rapide et d'anticipation permanente, même si ces impératifs
semblent a priori contradictoires :
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Se focaliser sur les développements essentiels et supprimer
les développements inutiles
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Conserver une marge en délai et en coût pour faire face aux
imprévus (le conseil doit toujours avoir un temps d'avance)
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Associer les équipes (client et conseil) aux aléas et à la
recherche des solutions, à travers des réunions périodiques d'avancement
Autrement dit : « Voir loin, agir près »
Chaque réunion du comité de pilotage doit comporter des
éléments essentiels et récurrents :
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Le rappel du contexte, qui permet à chacun d'entrer sans
délai dans le sujet
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Le rappel des étapes précédentes, indispensable pour que
tous soient placés au même niveau d'information et de compréhension, ces
rappels utilisant des supports visuels toujours homogènes d'une réunion à l'autre
-
Les objectifs de la réunion, en perspective avec les
objectifs de la mission
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Les raisons pour lesquelles les travaux en cours ou prévus
requièrent le temps de n personnes pendant une période donnée
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L'agenda de la réunion
Les impressions visuelles (ancrages) récurrentes sont un
facteur essentiel d'efficacité car elles facilitent l'acquisition des
informations de fond, l'emploi et même l'abus de métaphores sont utiles pour
rompre le sentiment que le discours est théorique et les enjeux abstraits.
Un
bon déroulement de la mission impose de maîtriser la relation entre client et
prestataire, même si le contrat est signé en confiance et avec un contenu ou
des règles flexibles
Dès le lancement de la mission, et surtout si
l'interprétation des termes du contrat fait apparaître des écarts, il importe
de :
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se mettre d'accord sur les résultats attendus de la mission,
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identifier les livrables, leur contenu, la
profondeur avec laquelle ils seront instruits,
-
se mettre d'accord sur le mode de pilotage,
-
déterminer les instances de décision, la périodicité et le
contenu de leur intervention, les modalités de leur sollicitation,
-
archiver méticuleusement tous les échanges avec le client,
car notamment dans un engagement au forfait, tout devient contractuel, les mails envoyés,
les documents transmis, livrables finals mais aussi tous autres documents.
Valider les étapes est impératif :
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Concrétiser le bilan par un écrit, les succès comme les
échecs
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Faire exprimer si possible la satisfaction du client
-
Expliciter les difficultés surmontées
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Formaliser les acquis pour chacun, les outils et
le savoir-faire maîtrisés par le client, l'expérience acquise par le consultant
-
Capitaliser et classer dès le début et pendant toute la
durée de réalisation, les adresses (téléphone, e-mail, secrétaires,...), les
organigrammes, les modes de fonctionnement, toutes les références qui peuvent
être utiles ultérieurement, l'analyse des problèmes rencontrés, des solutions
Les
évolutions et les suites du contrat doivent faire l'objet d'une vraie négociation
Le cahier des charges doit être modifié si et
seulement si cela est vraiment nécessaire :
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elle porte sur une modification substantielle de contenu ou
de délai,
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elle matérialise l'accord sur le prix,
-
elle identifie l'objet d'un contrat ultérieur éventuel
Quelles que soient les évolutions envisagées, il faut conclure
formellement le contrat initial, et négocier les contrats suivants
comme si c'était le premier :
-
Éviter toute impression de relation pérenne au bénéfice du
client comme du prestataire
-
Apporter aux contrats suivants des éléments de valeur
ajoutée non attendus par le client
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Conserver les bases de facturation initiales
-
Idéalement, amener le client à exprimer sa satisfaction sur
le rapport qualité/prix
Faire respecter les
conditions de règlement d'un contrat peut n'être qu'une formalité, mais pas
toujours
Une pratique fréquente consiste à faire régler une fraction
du prix lors de l'engagement, surtout dans le cas d'une mission au forfait.
Vérifier à la signature du contrat sa conformité avec les
règles internes est souvent utile :
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Lire et accepter les conditions générales,
-
Réunir ou fournir les documents obligatoires (assurance en
responsabilité civile professionnelle,...)
-
S ‘assurer de l'accord de la hiérarchie et des services
Achats
Il va sans
dire qu'il faut adresser les factures conformément aux accords
conclus
En cas de litige, le consultant doit pouvoir disposer des
preuves de sa bonne foi et les utiliser si nécessaire :
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Informer la hiérarchie sans délai
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Ne transiger que si les responsabilités sont partagées
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Mobiliser son réseau avec discernement (XMC peut intervenir)
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Engager une action judiciaire si l'enjeu le justifie
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Exclure de ses relations le client de mauvaise foi
-
Éviter la publicité
En clair, ce n'est pas parce qu'il est fournisseur que le
consultant un traitement incorrect.
Un exemple vécu illustre la conduite à tenir face au refus
du client de payer le solde d'une mission au forfait.
Du fait d'un imbroglio politique et émotionnel dépassant
largement le cadre de la mission, le client refuse de payer le dernier terme
(env. 100 k€ sur un total de env. 500 k€).
Sentant le coup venir, l'ensemble des engagements
réciproques ont été scrupuleusement consignés, et ont été à chaque étape donnés
pour validation au client.
La situation étant bloquée, une réunion de conciliation a
été tenue en présence du Service Achats du client, devant lequel ont été
produits tous ces éléments.
Le client n'ayant d'autre réponse qu'émotion et politique,
les achats n'y ont prêté aucune attention.
Le solde de la mission a été payé quinze jours après cette
réunion de conciliation.
Exploiter
les résultats positifs ou négatifs d'une mission constitue sans doute la
meilleure action commerciale possible
Entretenir la relation avec le client n'est pas seulement un
moyen de susciter de sa part d'autres commandes, cela permet de :
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rester informé des suites de la mission, de l'évolution des
personnes et de l'entreprise,
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pouvoir demander un témoignage,
-
faire connaître ses propres évolutions,
-
stimuler le marketing viral.
Utiliser la référence à une mission réussie impose de faire
preuve de discernement
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il est essentiel d'obtenir un accord formel sur la
confidentialité,
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d'associer le client aux publications éventuelles,
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de dissocier dans la documentation commerciale du consultant
l'objet de la mission et le nom du client,
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d'adapter la référence selon les besoins perçus chez un
autre client ou prospect,
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d'utiliser la référence avec précaution au sein du groupe
auquel appartient le client.
Les participants et leur évaluation
En salle : Marie-Maxence ANGLEYS, Christian BERGE, André BLASQUEZ, Patrick CÂTEL, Henri CESBRON LAVAU, Antoine DUBEDOUT, Jacqueline DUQUESNE, Yves DURAND, Lionel FELGERES, Gérard HERRNBERGER, Philippe HUBERDEAU, Philippe KALOUSDIAN, Daniel LECHANTEUX, Jean MARTINON, Jean-Louis MONTAGUT, Thierry NEUILLET,Jacob OUANOUNOU, Jean-Paul SCHAER, Patrick TACHOIRES, Diaa ZENIE
A distance : Michel GONIAK, Ariane MANSOURI, Jean-Michel YOLIN, Laurent VIEILLE
Intérêt du sujet : excellent, sujet primordial mais difficie, la question du paiement mériterait une réunion spéciale, trop de références aux missions SI et organisation
Qualité de l'annonce : bonne, mais fournir plus à l'avance les informations permettant la connexion à distance
Qualité de l'animation : bonne, avec un bon binôme et des expériences multiples, faire intervenir davantage les participants
Réponses aux questions : bonnes, mais il y a plus de témoignages que de questions
Suggestions : commencer à l'heure, préciser davantage les exemples, ne pas se polariser sur les
modèles méthodologiques des grands cabinets, exemple de réunion à renouveler, intérêt pour les études de cas
(success stories et lessons learnt), partage d'expériences et
d'anecdotes à encourager
Participation à distance : intérêt majeur, persévérer pour maîtriser les
outils, fournir des informations claires
à l'avance pour se connecter
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