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Il y a 2340 ans environ,
Aristote distingue déjà, dans l'Éthique à Nicomaque, l'emploi de la monnaie
pour accumuler des richesses et accroître le pouvoir politique, et celui qui
permet l'échange des biens pour répondre aux besoins de chacun conformément à
la nature :
Car s'il n'y avait pas
d'échanges, il ne saurait y avoir de vie sociale ;
il n'y aurait pas
davantage d'échange sans égalité,
ni d'égalité sans commune
mesure.
L'accumulation de la monnaie
pour la monnaie est une activité contre nature et qui
déshumanise ceux qui s'y livrent.
Alors que l'échange que
permet la monnaie,
est un moyen de renforcer le lien social ; il n'existe pas dans la tribu,
qui ne pratique que le troc, et apparaît avec la cité,
c'est-à-dire la société.
La nature fournit "la
terre, la mer et le reste" : l'économie est ainsi l'art
d'administrer, d'utiliser les ressources naturelles, totalement à
l'opposé de l'art d'acquérir et de posséder.
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Le ministre des Finances allemand, Peer Steinbrück, ne dit pas autre chose
quand, le 25 septembre, devant le Bundestag, il critique les Etats-Unis pour leur responsabilité
dans la crise actuelle : "Les Etats-Unis vont perdre leur statut de
superpuissance dans le système financier international", et fait des
propositions pour "reciviliser les marchés financiers".
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Nicolas Sarkozy ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme à Toulon
le même jour : "Une certaine idée de la mondialisation s'achève
avec la fin d'un capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute
l'économie et avait contribué à la pervertir. L'idée de la toute puissance du
marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention
politique, était une idée folle… Si l'on veut reconstruire un système financier
viable, la moralisation du capitalisme financier demeure la priorité".
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Mais pour l'instant, une question reste sans réponse : comment empêcher que les prédateurs russes, chinois et autres, disposant de fortunes extravagantes tirées de l'exploitation de réserves d'hydrocarbures ou de main d'oeuvre à bas coût, s'approprient les actifs de nos sociétés "moralisées" ?
Car demain, ce sera la curée.
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