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Editorial Décembre 2008 Version imprimable Suggérer par mail

Le monde de nos enfants

Au moment des cadeaux de Noël, interrogeons-nous sur le monde que nous allons laisser en héritage à nos enfants...

Une première certitude, nous leur léguons une dette astronomique, qui va exploser en cette période de crise, avec toutes les mesures de soutien à l'économie de par le monde ! Si tant est d'ailleurs que nous puissions régler les intérêts de cette dette avant de commencer à la rembourser.

Nous laissons aussi planer une menace encore imprécise dans son ampleur et sa concrétisation au cours des décennies à venir : le réchauffement climatique et son cortège de conséquences plus ou moins catastrophiques selon les zones géographiques et les catégories de population.

Si nous sommes résolument optimistes, reconnaissons que les générations qui nous ont précédés et nous-mêmes avons accumulé un capital culturel, scientifique, économique et technique extraordinairement riche. Grâce à quoi nous pouvons espérer que nos enfants sauront affronter victorieusement les défis.

Encore faut-il que les dépenses exceptionnelles que nous engageons aujourd'hui servent à mieux préparer l'avenir de nos enfants et non à sauver à tout prix nos emplois menacés ou à investir précipitamment dans des projets douteux sous la pression de lobbies agressifs.

Les controverses récentes sur l'intérêt économique des éoliennes ou des bio-carburants montrent bien le risque induit par l'allocation de fonds publics (le revenu à venir de nos enfants) au profit de développements infondés.
De la même façon, dans le domaine de l'automobile si sensible aujourd'hui, on peut s'interroger sur le bien-fondé de mesures incitatives telles que la prime à la casse, la taxe sur les grosses cylindrées assortie d'exemptions pour les familles nombreuses, alors qu'une augmentation générale de la taxe sur les produits pétroliers et de l'allocation aux  familles nombreuses aurrait l'avantage de la simplicité et de l'efficacité.

Pourquoi l'Etat, souvent considéré comme piètre gestionnaire des sociétés qu'il contrôle, serait-il mieux placé pour définir les besoins à dix ans ou à cinquante ans que les entreprises soumises au verdict du consommateur ?

Demandons à nos enfants de quelle société ils aimeraient hériter, ou au moins posons-nous la question avant de prendre les décisions à leur place.
Il vaut mieux former et reconvertir les chômeurs pour développer les activités utiles à terme, remettre en question nos objectifs immédiats à la lumière des besoins futurs, que favoriser le gaspillage et la consommation.

Sachant que tout n'est pas possible ou, comme dirait Barck Obama "je ne suis pas né dans une étable".

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