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S’acquitter de sa dette envers la
société
Dans son dernier ouvrage, Le
Moment Fraternité (Gallimard), Regis Debray développe l’idée que la
fraternité est le lien qui soude des personnes sans aucune relation de parenté
ou d’appartenance à un clan, d’origine sociale, ethnique ou nationale. Il cite
par exemple : les communautés monastiques depuis le Moyen Age, les mouvements
de résistance à l’oppression, la bande de sympathisants qui se mobilisent pour
faire élire F.Mitterand. Selon lui, les groupes unis par la fraternité ne
survivent et se développent que s’ils sont portés par une ambition qui dépasse
chacun des membres.
XMC a développé un sentiment de
solidarité, une volonté de s’entraider, de coopérer à la réalisation de
missions où les talents de chacun puissent se valoriser. Mais quelle ambition
portent les membres d'XMC qui permettrait de répondre à la définition de Régis
Debray ?
En réfléchissant à la question de
savoir quelle ambition commune anime notre communauté, je suggère que c’est le
service de la société.
Pour les membres des corps
techniques, c'est par définition le service de l’Etat. Pour les autres, formés
à l’X, aux Mines, aux Ponts, aux Télécoms, à l'ENSAE… on trouve une réponse
dans les actes fondateurs de ces écoles qui explicitent le but de la formation
dispensée : concevoir et mettre en œuvre les techniques efficaces et
respectueuses des biens publics. Par exemple : exploiter un gisement de minerai
en économisant la force de travail des hommes et en préservant les réserves en
vue d’une exploitation ultérieure ; concevoir et construire des voies de
circulation et des ouvrages d’art à la fois utiles et esthétiques ; aménager
l’espace ; concevoir et mettre en œuvre les équipements de télécommunication
qui utilisent au mieux des investissements lourds ou le spectre des fréquences
hertziennes disponibles.
Or, une caractéristique commune à
toutes les formations dont ont bénéficié les membres de XMC est leur coût pour
la société, du fait du haut niveau des compétences utilisées, voire de la
rémunération des élèves pendant leurs études.
Au fond, nous sommes tous
redevables à la société des efforts qu'elle consent pour nous permettre
d'acquérir un niveau élevé de connaissances et de capacité à résoudre des
problèmes complexes, à innover, à diffuser les savoir faire. Nous savons tous
que: nos diplômes ne nous donnent aucun droit ; ils ne nous donnent que des
devoirs.
J'aimerais que l'on puisse
soutenir que ce qui nous anime tous et dépasse chacun de nous tient au souci de
nous acquitter de notre dette envers la société. Nous y arrivons en contribuant
au développement et à la performance des entreprises, des administrations, des
organisations. Et nous le faisons sans esprit de chapelle ni de classe, tant
par l’origine de nos membres que par l’objet des organisations auxquelles nous
apportons notre expérience et nos compétences.
Jean Paul Schaer
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